Manque de motivation en alimentation : pourquoi les bonnes résolutions ne tiennent pas ?
- Sofia CHARRON
- 21 janv.
- 4 min de lecture
" Au secours, mes bonnes résolutions se sont envolées " !

Manque de motivation en alimentation : comprendre ce qui se joue vraiment :
Chaque année, c’est la même chose. En janvier, on démarre avec plein de bonnes intentions. Mieux manger, reprendre une activité physique, “faire attention”, changer certaines habitudes.
Et puis, quelques semaines plus tard… tout s’essouffle.
Ce que l’on appelle un manque de motivation en alimentation survient souvent après l’élan des bonnes résolutions de janvier… On appelle souvent ça un "manque de motivation" mais en réalité, c’est rarement aussi simple.
Bonnes résolutions en alimentation : pourquoi ça s’essouffle si vite ?
Dans cet article, je te propose de déconstruire cette idée très répandue, de comprendre ce que recouvre vraiment la motivation, et surtout pourquoi certaines résolutions ne tiennent pas, sans que ce soit un échec, ni un problème de volonté.
Motivation durable et changement : ce qui permet de tenir dans le temps
La motivation n’est ni une force magique, ni un trait de caractère. Ce n’est pas quelque chose que l’on “a” ou que l’on “n’a pas”.
En psychologie, la motivation est définie comme un processus : elle dépend du contexte, de l’histoire personnelle, des besoins, des ressources internes et externes.
Autrement dit, une personne n’est pas “motivante” ou “pas motivée” par nature. Elle agit (ou non) dans un environnement donné, à un moment donné, avec ce qu’elle peut mobiliser à ce moment-là.
C’est une nuance importante, surtout quand on parle d’alimentation et de changements de comportement.
👉 Si ce sujet t’intéresse, tu peux aussi lire :« Pourquoi je ne prescris jamais de régimes (et pourquoi mes patients s’en portent mieux) », où j’explique pourquoi la volonté seule ne suffit pas.
Le grand malentendu autour de la motivation
Dans le discours courant, on parle de motivation comme si on pouvait :
se forcer
se booster
se “remettre un coup de pied aux fesses”
Ce type de discours est très présent dans la culture des bonnes résolutions, du contrôle alimentaire et des injonctions à “faire mieux”.
Le problème, c’est que cette vision produit souvent l’effet inverse :
culpabilité
fatigue mentale
découragement
sentiment d’échec personnel
Et à force, une perte de confiance en soi...
Ce que la psychologie du comportement alimentaire nous apprend sur la motivation :
La psychologie ne cherche pas à “fabriquer” de la motivation, mais à la comprendre.
Elle montre que la motivation dépend de plusieurs facteurs, sans hiérarchie stricte entre eux :
le sentiment de sécurité
le sentiment d’autonomie
l’estime de soi
le sentiment d’auto-efficacité (se sentir capable)
la cohérence entre ses valeurs et ses actions
Quand un ou plusieurs de ces éléments sont fragilisés, la motivation a du mal à s’installer ou à durer.
👉 Cette notion de cohérence est aussi abordée dans« Quand le cerveau transforme un repas en menace – le témoignage d’une réconciliation entre corps et esprit ».
Motivation secondaire et motivation primaire : une distinction clé
Pour comprendre pourquoi certains changements tiennent et d’autres non, il est utile de distinguer deux formes de motivation.
La motivation secondaire
Elle est centrée sur le résultat :
perdre du poids
contrôler son alimentation
atteindre un objectif chiffré
Elle peut être efficace à court terme.Mais elle est souvent fragile, surtout lorsqu’elle repose sur la contrainte ou la peur.
La motivation primaire
Elle est liée :
au sens
aux besoins
aux valeurs personnelles
Elle se construit plus lentement, mais elle est beaucoup plus durable, car elle respecte la personne dans sa globalité.
👉 Cette distinction fait écho à « Pourquoi grossit-on vraiment ? », qui aborde la notion de régulation naturelle et de respect du corps.
Quand les bonnes résolutions ne tiennent pas
Quand une résolution ne dure pas dans le temps, ce n’est pas forcément un échec.
C’est souvent le signe que :
le moteur n’était pas le bon
ou que le contexte n’était pas suffisamment sécurisant
Par exemple :
vouloir “manger mieux” dans un contexte de fatigue intense
reprendre le sport avec une relation compliquée au corps
changer ses habitudes alimentaires sans comprendre ses comportements
👉 Sur ce point, l’article « Pourquoi la fatigue nous pousse à manger plus (ou différemment) » peut aussi éclairer ce qui se joue.
Avant de chercher plus de motivation…
Il est souvent plus aidant de se demander :
ce qui freine
ce qui fatigue
ce qui manque de sens
Plutôt que d’ajouter une couche de pression, il s’agit de changer de regard sur le changement lui-même.
C’est exactement ce que propose la diététique comportementale :comprendre avant de modifier, sécuriser avant d’agir, respecter avant de transformer.
👉 Tu peux aussi lire« Faut-il supprimer le pain pour maigrir ? Ce que personne ne dit », qui montre comment certaines croyances sabotent la relation à l’alimentation.
La motivation est plurielle. Elle dépend de nombreux déterminants et ne se résume jamais à un simple manque d’envie ou de volonté.
Les bonnes résolutions qui s’envolent ne racontent pas un échec personnel. Elles racontent souvent un décalage entre les objectifs fixés et les besoins réels.
Comprendre cela, c’est déjà un premier pas vers un changement plus respectueux, plus apaisé… et plus durable. La diététique comportementale permet d’aborder la motivation autrement, en tenant compte du contexte, de la sécurité et du sens.
À propos de moi
Je suis Sofia, diététicienne spécialisée en diététique comportementale. J’accompagne des adultes qui se sentent fatigué·es de “se motiver”, de lutter contre leur alimentation ou leur corps, et qui ont surtout besoin de comprendre, se sécuriser et s’apaiser.
Mon travail ne consiste pas à prescrire des règles, mais à créer un cadre permettant de renouer avec une relation plus sereine à l’alimentation et au corps.
👉 Tu peux retrouver mes accompagnements en cabinet et en téléconsultation sur la page Prendre rendez-vous.
Sources : Les notions abordées ici (motivation, déterminants du changement, motivation primaire et secondaire) sont issues, entre autres, des enseignements de mon diplôme universitaire de Psychologie et pédagogie du comportement alimentaire, qui s’appuie sur les données actuelles de la psychologie du comportement.




